Harry Potter


Harry Potter est une série littéraire de fantasy écrite par l'auteure britannique J. K. Rowling, dont la suite romanesque s'est achevée en 2007. Une pièce de théâtre, considérée comme la « huitième histoire » officielle, a été jouée et publiée en 2016. Les livres et le script de la pièce ont été traduits en français par Jean-François Ménard.


La série de sept romans raconte les aventures d'un jeune sorcier nommé Harry Potter et de ses amis Ron Weasley et Hermione Granger à l'école de sorcellerie Poudlard, dirigée par Albus Dumbledore. L'intrigue principale de la série met en scène le combat de Harry contre Lord Voldemort, un mage noir à la recherche de l'immortalité ayant autrefois assassiné les parents du garçon. À la tête de ses fidèles adeptes, les Mangemorts, Voldemort cherche depuis des décennies à acquérir le pouvoir absolu sur le monde des sorciers et des Moldus, les humains sans pouvoirs magiques.


Ancrés dans la société britannique des années 1990, les romans appartiennent au genre low fantasy et comportent de nombreux aspects du roman d'apprentissage. Le personnage principal évolue tout d'abord dans un monde dépourvu de magie, puis découvre peu à peu ses capacités, son héritage et ses responsabilités. Tandis que le premier roman établit les bases d'un univers magique librement inspiré des contes et du folklore britannique, l'intrigue gagne en profondeur au fil des romans, abordant des sujets comme la mort ou le libre arbitre. La série a fait par ailleurs l'objet de nombreuses controverses.


Depuis la sortie du premier roman, Harry Potter à l'école des sorciers, le 26 juin 1997, les livres ont gagné une immense popularité, représenté un succès commercial et ont été acclamés par la critique. En février 2018, ils ont été vendus à plus de 500 millions d'exemplaires et traduits en 80 langues, faisant de cette série la plus vendue de l'histoire de la littérature. J. K. Rowling figure désormais parmi les auteurs britanniques les plus lus de la planète avec William Shakespeare et Agatha Christie.


Huit films à succès (le dernier roman ayant été scindé au cinéma en deux parties), rapportent au total plus de 8 milliards de dollars et accèdent à la troisième place des franchises les plus rentables de tous les temps après celles de l'univers Marvel et de Star Wars. Des jeux vidéo et de nombreux autres produits dérivés ont également été adaptés de la série, sans compter les parcs d'attraction, expositions et plateformes numériques. La pièce de théâtre Harry Potter et l'Enfant maudit, jouée en juillet 2016 à Londres, met en scène les personnages de la saga originale et leurs enfants, narrant leurs aventures dix-neuf ans après la fin du dernier tome.

La série a été mise en roman entre 1997 et 2007, et adaptée en films entre 2001 et 2011. L'histoire, se situant dans les années 1990, raconte la jeunesse de Harry Potter, sorcier orphelin élevé sans affection ni considération par la seule famille vivante qui lui reste : son oncle et sa tante moldus (sans pouvoirs magiques). Le garçon découvre son identité de sorcier, son héritage tragique et la responsabilité qui lui revient.

Harry est considéré comme « le survivant » depuis que ses parents Lily Evans et James Potter ont été assassinés. Le puissant mage noir Lord Voldemort les a tués dix ans plus tôt alors que Harry, qui n'était alors qu'un bébé, est parvenu à échapper de manière très inattendue au sortilège de la mort7. La tentative de meurtre était motivée par une prophétie annonçant à première vue que Harry anéantirait un jour les pouvoirs de Voldemort. Cependant, le sortilège lancé par Voldemort sur l'enfant se retourne inexplicablement contre son lanceur et le désintègre, laissant le garçon intact avec pour seule trace de cet événement une cicatrice en forme d’éclair sur le front. Le garçon devient par conséquent très célèbre parmi les sorciers, tandis qu'il demeure ordinaire chez les Moldus.

Chacun des romans se déroule pendant une année scolaire, tout au long de la jeunesse de Harry. Durant ces sept ans, le jeune sorcier va notamment assister au retour de Voldemort et à sa seconde ascension vers le pouvoir, et le combattre jusqu'à l'affrontement final du septième et dernier tome.

Chronologiquement, un événement fait commencer l'histoire: le décès de Nicolas Mimsy de Porpington le 31 octobre 1492 selon l'intrigue du 2è roman, Harry Potter et la chambre des Secrets.

La seconde année des héros serait fixée à l'année scolaire 1992-1993, Nick Quasi Sans Tête fêtant à ce moment le 500è anniversaire de sa mort.

Avant juillet 1980 : Sibylle Trelawney établit la prophétie selon laquelle un enfant né fin juillet aura le pouvoir de vaincre le mage noir Voldemort.


31 juillet 1980 : naissance de Harry Potter.


31 octobre 1981 : James et Lily Potter sont tués par Voldemort en tentant de protéger leur fils, mais le sortilège du mage noir se retourne contre lui lorsqu'il tente d'assassiner Harry. Voldemort, ayant perdu toute forme physique, disparaît pour une durée indéterminée. Il est cru vaincu.


1er novembre 1981 : Peter Pettigrow, qui a trahi ses anciens amis James et Lily en ayant révélé leur cachette à son maître, assassine douze Moldus. Il procède à une mise en scène pour faire croire à sa propre mort et faire accuser Sirius Black à sa place. Sirius Black est conduit à la prison d'Azkaban et Albus Dumbledore confie Harry à son oncle et sa tante, les Dursley.


31 juillet 1991 : Rubeus Hagrid révèle à Harry ses origines et l'emmène sur le Chemin de Traverse, où il achète ses fournitures scolaires.


29 mai 1993 : Harry se rend dans la Chambre des secrets, tue le Basilic qui demeure dans la Chambre, et détruit le journal de Jedusor (qu'il ignore être un premier horcruxe).


1er août 1993 : Sirius Black s'évade d'Azkaban pour retrouver Harry Potter et tuer Peter Pettigrow.


À partir du 6 janvier 1994 : Remus Lupin apprend à Harry à former un Patronus corporel.


Début juin 1994 : Sirius Black retrouve Harry Potter et lui explique les circonstances exactes de la mort de ses parents. Harry découvre l'identité de Peter Pettigrow qui se cachait sous l'apparence de Croûtard, le rat de Ron. Pettigrow parvient à s'enfuir.


24 novembre 1994 : première tâche du tournoi des Trois Sorciers, l'épreuve du dragon.


24 février 1995 : seconde tâche du tournoi, l'épreuve du lac.


24 juin 1995: renaissance de Lord Voldemort après la troisième et dernière tâche du tournoi, l'épreuve du labyrinthe. Duel au cimetière de Little Hangleton entre Harry et Voldemort. Dispute entre Dumbledore et le ministre de la Magie, Cornelius Fudge. Ce dernier refusant d'annoncer le retour de Voldemort auquel il ne veut pas croire.


8 septembre 1995 : Dolores Ombrage, sous-secrétaire auprès du ministre de la Magie, est nommée par ce dernier Grande Inquisitrice de Poudlard, autorisée à y exercer un contrôle strict. Harry fait l'objet de punitions douloureuses pour sa persistance à vouloir informer les autres élèves du retour de Voldemort.


Début octobre 1995 : Hermione fonde l'Armée de Dumbledore.


17 juin 1996 : bataille au département des mystères. Mort de Sirius Black. Le ministre Cornelius Fudge a le temps d'apercevoir lui-même Voldemort avant que ce dernier ne prenne la fuite. Fudge démissionne et est remplacé par Rufus Scrimgeour.


21 avril 1997 : Harry et Dumbledore découvrent l'existence des horcruxes, des fragments d'âme de Voldemort dissimulés dans des objets qui lui sont chers, et qu'il leur faut détruire un à un pour rendre le mage noir vulnérable.


Fin mai 1997 : Albus Dumbledore est tué par Severus Rogue (à la suite d'un accord tenu secret entre les deux hommes).


1er août 1997 : chute du ministère de la Magie. Lord Voldemort prend le pouvoir et tue le ministre Rufus Scrimgeour.


1er mai 1998 : Harry, Ron et Hermione trouvent un nouvel horcruxe à la banque Gringotts : la coupe de Poufsouffle et se rendent à Poudlard pour trouver les derniers horcruxes : le diadème de Serdaigle et le serpent Nagini.


Nuit du 1er au 2 mai 1998 : bataille de Poudlard. Plusieurs personnages notables perdent la vie, dont Severus Rogue, Remus Lupin, Tonks et Fred Weasley. Harry se livre à Voldemort après avoir utilisé la Pierre de résurrection pour apercevoir une dernière fois ses parents James et Lily Potter, Sirius Black et Remus Lupin. Voldemort pense être parvenu à le tuer mais ne fait que détruire l'horcruxe qui vit en lui.


2 mai 1998 : mort de Tom Elvis Jedusor, alias Voldemort, la Baguette de sureau volée par ce dernier refusant de tuer son maître légitime (Harry).

L'histoire de Harry Potter est ancrée dans la société britannique des années 1990, regroupant des hommes et des femmes capables de magie, une faculté en général héréditaire mais qui peut aussi apparaître chez des enfants nés Moldus. Le personnage de Harry Potter évolue tout d'abord dans un monde pouvant être considéré comme « normal », avant de découvrir le monde magique coexistant. Certains

lieux « réels » servent donc également de support à l'intrigue, tels que le comté du Surrey où vivent les Dursley, la forêt de Dean ou encore la gare de King's Cross représentant la frontière symbolique entre le monde magique et le monde moldu. Les sorciers vivent en effet parmi les Moldus, mais le « Code international du Secret magique » les oblige à cacher l'existence de la magie aux personnes qui en sont dépourvues.


L'action se déroule principalement au château médiéval de Poudlard localisé dans les « hautes terres » d'Écosse, ainsi qu'aux environs de Londres et dans des villages fictifs de la campagne sud-anglaise (Godric's Hollow, Little Hangleton, Tinworth). L'architecture visible dans les adaptations cinématographiques est une représentation fidèle :


« J'adore les décors des films. Ils reflètent vraiment ce qui a été dans mon imagination durant toutes ces années. »— J. K. Rowling


Le chef décorateur Stuart Craig attribue à l'univers une identité visuelle proche des styles Tudor, georgien ou victorien. Les rues commerçantes et villages tels que Pré-au-Lard ou le chemin de Traverse par exemple trouvent une inspiration très « dickensienne »: « Les prémices de l'architecture victorienne défient la gravité de par leur inclinaison » explique Craig. « Les bâtiments du chemin de Traverse penchent si fort qu'ils donneraient l'impression de tomber».


Une illustration en noir et blanc représentant un grand chien fantôme vu par deux hommes. Le Sinistros s'inspire de la légende des chiens fantômes du Dartmoor. La communauté magique de Grande-Bretagne dispose de sa propre organisation gouvernementale (le ministère de la Magie) avec ses propres lois, son système économique, ses médias (comme l'influente Gazette du sorcier) ou ses transports spécifiques (portoloins, réseau de cheminée, transplanage…). Le sport du monde sorcier, le quidditch (inspiré du basket-ball), se pratique sur balais volants. Certains sorciers possèdent par ailleurs des aptitudes particulières, comme les animagi ayant la possibilité de se transformer en animaux, les métamorphomages pouvant changer d'apparence à volonté ou les fourchelangs, capables de communiquer avec les serpents. Les legilimens, comme Voldemort ou Albus Dumbledore, sont capables, s'ils le souhaitent, de s'introduire dans l'esprit d'une autre personne pour connaître ses pensées ou ses intentions. Les occlumens, comme le professeur Rogue, sont les seuls à pouvoir contrer cette faculté.


Le monde de J. K. Rowling est peuplé de créatures plus ou moins fantastiques. Certaines lui sont propres, comme les détraqueurs, les épouvantards ou les sombrals. D'autres comme le phénix, le basilic, les gobelins, les hippogriffes, les loups-garous ou encore le Sinistros, sont empruntés au folklore britannique ou à la mythologie. Selon l'auteure, le folklore britannique, tout en étant l'un des plus riches et variés au monde, conserve un côté « bâtard » résultant de la fusion des nombreuses cultures apportées par les envahisseurs et occupants successifs de l'Angleterre, ce qui lui a permis de l'adapter assez librement à son histoire.


De nombreux objets spécifiques à l’univers de Harry Potter ont été créés, comme le « choixpeau magique » répartissant les élèves dans les différentes maisons de Poudlard, ainsi que le miroir du Risèd ou encore le retourneur de temps. D'autres sont empruntés aux contes de fées, comme les baguettes magiques aux compositions diverses ou les balais volants (dont les différents modèles sont exposés et vantés sur le marché sorcier tels des produits de consommation courants). Certains objets sont directement liés au dénouement de l'histoire, comme les Reliques de la Mort ou les horcruxes. Des plantes magiques aux propriétés diverses entrent dans la composition de potions comme le Veritaserum, la potion Tue-Loup ou le Polynectar.


À l'image de son livre d'enfance favori Le Cheval d'argent, l'auteure se plaît à décrire tout au long de ses romans une nourriture abondante et typiquement anglaise : « J'ai toujours décrit la liste des aliments que l'on pouvait déguster sur une table de Poudlard ». Les friandises du monde des sorciers, tels que les chocogrenouilles, les dragées Surprises de Bertie Crochue aux saveurs douteuses et variées ou encore la fameuse Bièraubeurre, sont devenues très identifiables à Harry Potter.


Les thèmes majeurs sont:


1) la mort: Elle plane tout au long de l'intrigue et en est aussi le contexte déclencheur. La mort des parents de Harry, James et Lily Potter, est un drame annoncé au tout premier chapitre. Des personnages secondaires meurent fréquemment dans l'histoire et en particulier à partir du livre central de la série, qui marque également la résurrection de Voldemort. Par ailleurs, malgré une intrigue ancrée dans la fantasy, les morts sont rendues « bien réelles » de par leur aspect « définitif ».

La première disparition particulièrement marquante de l'histoire est celle de Cedric Diggory, puisque Harry est le témoin direct de son assassinat8, mais également parce qu'il s'agit d'un camarade et élève de Poudlard d'une personnalité généreuse et au comportement exemplaire. Au fil des romans, et malgré le fait que l'action se déroule majoritairement dans une école, l'intrigue laisse pourtant place à un profond sentiment d'insécurité constante et de douleur liée aux pertes humaines. Peu à peu, Harry voit les personnes qui lui sont proches mourir successivement (son parrain, son mentor, un ami ou encore son professeur préféré et ami de ses parents).

Parallèlement, l'acceptation de sa propre mort est parfois présentée dans l’œuvre comme une perspective sage et dédramatisée par le biais du professeur Dumbledore :

« Pour un esprit équilibré, la mort n'est qu'une grande aventure de plus. [...] C'est comme d'aller se coucher à la fin d'une très très longue journée. »— Albus Dumbledore, Harry Potter à l'école des sorciers

D'après J. K. Rowling, la mort est le thème majeur de la série : « mes livres parlent beaucoup de la mort. Ils débutent avec la mort des parents de Harry. Il y a la quête obsessionnelle de l'immortalité menée par Voldemort, qui reflète le souhait de toutes les personnes douées de pouvoirs magiques. Je comprends tout à fait pourquoi Voldemort veut conquérir la mort ; nous en sommes tous effrayés ».


2) L'amour: Il s'agit probablement du thème le plus présent dans l’œuvre, après celui de la mort. Dans l'histoire, Harry a pu survivre grâce à l'amour de sa mère, qui s'est sacrifiée pour lui en faisant bouclier contre Voldemort. L'amour de Lily Potter est l'arme dont bénéficie toujours Harry lorsqu'il ne peut être touché ni par le professeur Quirrell ni par Voldemort lui-même (dans un premier temps). Le sang de sa mère le protège également de la portée de ce dernier, lorsque Harry est recueilli chez sa tante, Pétunia Dursley.

« L'amour est tellement formateur pour chacun, en bien ou en mal. On peut réellement mesurer les dommages cérébraux subis lorsqu'un enfant est retiré à sa mère. Quand j'écris que Harry a été formidablement aimé au début de sa vie, c'est important. Cela lui aura assuré une protection dans le sens où son cerveau s'est développé différemment de celui de Voldemort, qui lui a été placé dans un orphelinat dès sa naissance. »— J. K. Rowling

Le personnage de Severus Rogue, très ambigu depuis le départ, apparaît beaucoup plus lumineux et humain à la fin de l'intrigue, dès lors qu'il révèle les sentiments qu'il éprouvait pour Lily Potter. Harry comprend alors que ce professeur, qui semblait tant le détester, ne pouvait simplement s'empêcher de faire le rapprochement entre lui et James Potter qu'il haïssait depuis son adolescence de par leur ressemblance physique et quelques traits communs de leur personnalité. Rogue, si froid et antipathique, s'avère pourtant d'un grand secours pour Harry, à plusieurs reprises au cours de l'intrigue. Rogue souhaitait mourir après la mort de Lily Potter, mais a choisi de la venger, en s'engageant auprès de Dumbledore à assurer la survie de son unique fils. Aussi, il se montre horrifié en apprenant que Dumbledore savait depuis le départ que Harry était condamné à mourir pour rendre Voldemort vulnérable. D'une certaine manière, l'amour a vaincu par deux fois Voldemort ː celui de Lily Potter pour son fils et celui de Severus Rogue pour Lily. Dumbledore est également convaincu que l'amour représente la plus grande force.

« Alors, quand la prophétie dit que j'aurai « un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore », cela signifie simplement… l'amour ? » « Oui… simplement l'amour. »— Harry et Dumbledore, tome 6, chapitre 23.

L'amour rassemble finalement Ron et Hermione dans le dernier tome, malgré leurs caractères opposés et leurs nombreux différents. C'est également l'amour que porte Harry à Ron et à Hermione, ainsi qu'à sa famille de cœur (les Weasley), qui le pousse à se rendre dans la forêt interdite auprès de Voldemort à la fin des Reliques de la Mort pour ne pas mettre ses proches davantage en danger. Se sachant condamné, il utilise la pierre de résurrection et voit réapparaître un court instant les fantômes de ses parents et de leurs amis, le temps de lui redonner le courage nécessaire. Ce chapitre trente-quatre du dernier roman (intitulé « Retour dans la forêt ») est d'ailleurs le chapitre le plus marquant pour l'auteure elle-même : « il représentait le point culminant de dix-sept années de travail ainsi que le chapitre le plus cathartique de tout ce que j’ai pu écrire ».


3) Le Pouvoir: Les préoccupations politiques vont plus loin, la volonté de Voldemort de supprimer les « Sang-de-bourbe » et les « cracmols » de la société magique évoquent la persécution et le massacre de différents groupes sous l'Allemagne nazie (que ce soit pour leurs origines ou leurs appartenances politiques). Isabelle Smadja, dans Le Monde diplomatique, a aussi vu dans les initiales de l'aïeul de Voldemort, Salazar Serpentard (en anglais Salazar Slytherin) une référence aux S.S., corps d'élite de Hitler. Rowling a confirmé que la date de la défaite de Gellert Grindelwald, le précurseur de Voldemort, en 1945, n'était pas une coïncidence. Dans un autre entretien, Rowling a expliqué que le message central de la série était celui imparti par Albus Dumbledore dans le quatrième livre : il faut savoir choisir de faire ce qui est juste plutôt que ce qui est facile. Pour l'auteure, c'est ainsi que la tyrannie s'installe : « les gens font le dos rond, cèdent à la facilité, et se retrouvent dans les ennuis jusqu'au cou ».

« Il est nécessaire de comprendre la réalité avant de pouvoir l’accepter, et seule l’acceptation de la réalité peut permettre la guérison. »— Albus Dumbledore, Harry Potter et la Coupe de feu.

Les notions de censure et de propagande sont abordées à partir du cinquième tome, par le biais de Dolores Ombrage, nouveau professeur de défense contre les forces du mal nommée par le ministre de la Magie, puis, dans le septième tome, par Voldemort lui-même ou son représentant. Ombrage instaure en premier lieu des règles et sanctions particulièrement strictes selon le souhait du ministre, ceci afin que le retour de Voldemort ne soit pas reconnu publiquement. La presse se trouve également asservie à cette fin. Cornelius Fudge, ministre de la magie durant les cinq premiers tomes, aurait été inspiré selon l'auteure du Premier Ministre britannique durant les années trente, Neville Chamberlain, qui aurait refusé de considérer Hitler comme un danger potentiel alors que celui-ci instaurait son pouvoir en Allemagne.


4) La loyauté: Peter Pettigrow, avant le début de l'histoire, trahit son meilleur ami, le père de Harry Potter. Par cet acte de déloyauté, motivé par la volonté de sauver sa propre vie, Pettigrow contribue à sa manière, avec Voldemort, à entraîner l'ensemble de l'intrigue dans une tonalité sombre et dans une guerre finale qui fait perdre la vie à de jeunes personnages et de nombreux membres de l'Ordre du Phénix. Bellatrix Lestrange montre une extrême loyauté envers son maître Voldemort, mais c'est une forme de loyauté plutôt pervertie qui s'exprime dans une cruauté très marquée y compris envers les autres Mangemorts. Voldemort, quant à lui, n'est fidèle à personne. Il méprise, manipule, torture et tue même sans ménagement dans ses accès de colère quiconque le fait trébucher dans ses projets, peu importe qu'il ou elle lui ait été fidèle ou non par le passé.

La loyauté du trio principal, celle des étudiants envers leur école, et celle de Severus Rogue envers Lily Potter dont il a toujours été amoureux, semblent finalement de taille face à la solitude de Voldemort et contribuent effectivement à sa défaite. Le seul désir et véritable moteur de ce dernier était la quête du pouvoir absolu en possédant la baguette de sureau, et de l'immortalité par la pierre philosophale et la création des Horcruxes. En tant que héros de l'histoire, Harry doit prendre les décisions finales mais reconnaît lui-même qu'il n'aurait pas été capable de faire face à ses craintes sans l'aide de ses amis.

La plus symbolique preuve de loyauté présente dans l'histoire pourrait se situer dans Les Reliques de la Mort, lorsque que le trio se retrouve seul dans la campagne anglaise et que la souffrance liée à la présence d'un médaillon horcruxe provoque une perte de confiance chez la personne la plus influençable du trio. Ainsi, Ron abandonne ses meilleurs amis durant plusieurs semaines, avant d'être guidé par le déluminateur pour revenir auprès d'eux. Dumbledore, en lui léguant l'objet par le biais de son testament, savait que ses sentiments pour Hermione et sa loyauté envers Harry le guideraient pour revenir auprès d'eux avant les événements les plus sombres.


5) Le bien et le mal: Certaines rivalités naissent entre les maisons Gryffondor et Serpentard, qui se retrouvent régulièrement en conflit au fil des générations. Harry Potter appartenant à la maison de Gryffondor, et l'histoire étant racontée de son point de vue, les Serpentard sont souvent considérés dans les premiers tomes avec distance ou de manière péjorative : idiots, hargneux et souvent laids. L'Armée de Dumbledore regroupe des élèves de plusieurs maisons mais ne compte aucun Serpentard dans ses rangs. Lord Voldemort, ainsi qu'un grand nombre de ses partisans connus, comme Regulus Black, Bellatrix Lestrange, Rodolphus Lestrange ou les Malefoy, sont des anciens élèves de la maison Serpentard. Pourtant, la série se refuse à une application manichéiste simpliste du bien contre le mal. Le mépris et la déconsidération se veulent notablement atténués à partir du cinquième tome où les trois héros sont incités à tempérer leurs jugements :

« Le monde ne se divise pas entre braves gens et Mangemorts. »— Sirius Black, Harry Potter et l'Ordre du phénix

Dans les derniers chapitres de la série, la maison Serpentard et certains de ses membres apparaissent sous un éclairage plus intéressant : Severus Rogue tout d'abord, mais également Horace Slughorn, qui de son côté, ne partage pas l'idée que les sorciers de « sang-pur » sont supérieurs aux autres. Il apparaît chaleureux, amical, et participe à la bataille finale en allant jusqu'à affronter Voldemort lui-même. Narcissa Malefoy, manipulée par Voldemort vis-à-vis de son fils Drago, finit par apporter son aide à Harry Potter lors de cette même bataille, en faisant croire à son maître que Harry est mort. « Il y a un écho voulu de ce qu'a fait Lily au tout début de l'histoire en mourant pour sauver son fils » explique l'auteure. « À la toute fin, Harry est étendu, faisant semblant d'être mort et une mère, qui essaie de sauver son propre fils, va le sauver. C'était ma façon de boucler la boucle ». En parallèle, des aspects humains plus sombres des héros sont exploités. La cruauté de James Potter envers Severus Rogue durant leur jeunesse paraît ainsi difficilement justifiable aux yeux de Harry. Celui-ci laisse également exploser sa colère à plusieurs reprises, ou va jusqu'à torturer lui-même Bellatrix Lestrange pour satisfaire sa vengeance. Le fait que Harry possède des qualités admirées de Serpentard (la capacité de parler le fourchelang, la volonté de faire ses preuves, l'ambition, le déni des règles, etc.) peut aussi nuancer l'image noire de cette maison, prouvant que l'on peut à la fois adopter ces valeurs et être une personne fréquentable.

« Ce sont nos choix, Harry, qui déterminent qui nous sommes, beaucoup plus que nos aptitudes. »— Albus Dumbledore, Harry Potter et la Chambre des secrets.

Enfin, dans l'épilogue de l'histoire, Harry déclare à son fils Albus Severus que les deux prénoms qui lui ont été donnés étaient en hommage à deux directeurs de Poudlard : Albus Dumbledore (son mentor) et Severus Rogue, un Serpentard qu'il considère comme étant « sans doute l'homme le plus courageux » qu'il ait jamais rencontré.



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